Secrétaire général de l’Association les petits frères des Pauvres

Quelle société voulons-nous pour nos aînés ?
Le degré d’une civilisation se mesure sans aucun doute aux soins qu’elle apporte aux plus fragiles… Quelle place réserve-t-on aux plus âgés, aux plus pauvres et aux plus isolés d’entre eux, en France, en 2011 ?
Notre société ultra rapide, rythmée par le présent, l’innovation, la mobilité, entraîne leur mise à l’écart. Les situations de rupture et de repli sur soi se multiplient. Une personne sur quatre de plus de 75 ans souffrant d’un handicap est aujourd’hui, en France, en situation d’isolement.
Le risque d’isolement qui augmente avec l’âge, nous oblige, personnellement ou collectivement, à nous préoccuper des plus fragiles. Lorsqu’ils nous sont signalés nous découvrons les conditions de vie indignes dans lesquelles ils vivent, sans même que le voisinage, voire leur propre famille, n’en ait connaissance. Les capacités personnelles ou collectives à prendre soin des plus fragiles et à les entourer de notre attention se sont amoindries : il manque de la fraternité !
Dans cette période où les plus fragiles paient le prix fort de la crise, il y a urgence à renouer avec la culture de l’entraide. L’enjeu est posé : avec les plus pauvres, vivre la fraternité.
C’est pourquoi les petits frères des Pauvres se mobilisent et s’engagent. Nos 65 ans d’histoire, notre présence auprès de 30 000 personnes âgées en détresse, nos 8 500 bénévoles nous donnent une légitimité et une responsabilité : faire plus pour cultiver et développer de la fraternité, vers et avec les plus pauvres, pour briser la spirale de l’exclusion ! Multiplier les accompagnements pour recréer un tissu social autour des plus isolés… Contribuer au maintien à domicile des personnes en situation précaire…Héberger ceux qui se retrouvent sans domicile ou dans des logements insalubres… Apporter une aide matérielle pour assurer des conditions de vie décentes… Tels sont les principaux défis que nous relevons.
Ces défis, nous ne les relèverons évidemment pas seuls. Ce vaste mouvement initié par les petits frères des Pauvres doit être relayé par une nouvelle génération de philanthropes, prêts à investir leur générosité autour d’un vrai projet de société. Ensemble, nous pouvons inverser la tendance au repli sur soi, pour que notre pays retrouve la fierté intime et collective qu’apporte l’exercice de la fraternité !














